Dimanche 28 juin 2009
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20:25
La peur de grossir, la plus grosse jamais ressentie encore, celle qui me bouffe, celle qui fait de moi "la chose" de Mia. Cette peur me rend inconsciente. Quand je vomis par
exemple, inconsciente que ma vie peu être en danger, que je me détruit. Quand "je me soulage", je ne pense plus à rien, juste à mon ventre qui s'affine petit à petit, à mon estomac qui se fait
moins lourd et à mon poids qui baisse. Quand je vois du sang qui sort de ma gorge, je ne réfléchis pas, je continue, je me détruis.
Mais une fois que je m'assoie, une fois que tout est fini et que ma tête recommence à réfléchir, là est un moment des plus terribles. Je prends conscience de mes faiblesses, de mon estomac qui me
brûle, de ma gorge qui hurle silencieusement de douleur, de cet acide qui me ronge et m'attaque. Je me vois folle.
Ils vont m'enfermer pour m'empêcher de me détruire. Ils vont venir et me dire que je ne peux plus être autonome.
Et je vais grossir...
Car oui, il y a aussi la peur d'être découverte. La honte sur ce que je fais. Je ressens une honte indescriptible. Ce qui fait que je me hais,
encore plus. J'ai l'impression d'étouffer dans ce corps, je le traîne, je le hais. Si seulement il pouvait être si fin, si léger que personne ne l'apercevrait.
Pas facile de vomir discrètement. Toujours en train de guetter, qu'il n'y ai pas de bruit derrière la porte des WC ou de la salle de bain, que personne ne me surveille.
Paraître naturelle après être sortie des toilettes du restaurant, même si je n'ai pas réussi à faire sortir plus du dessert... toujours nier, faire comme si de rien était, vivre sa double vie.
Et puis gérer les périodes, sans trop le montrer. La période où je suis incapable de manger quoique ce soit, s'organiser pour ne jamais être à la maison pendant les repas, manger lentement ma
salade pour n'en manger le moins possible, mais sans que ça ne se remarque (dur face aux parents qui mangent steak-frites).
La période boulimie, où il faut réussir à vomir discrètement, des fois dans la poubelles, d'autres dans le lavabo, d'autres dans les toilettes, d'autres encore dans une tasse dans ma chambre...
c'est triste comme réalité, mais impossible de résister. C'est *elle* qui commande. *Elles* en fait.
J'ai vécu des situations tellement humiliantes, comme craquer dans une boulangerie et prendre deux pains au chocolat, les engloutir en moins de 2 minutes et devoir trouver une rue sombre pour
pouvoir les vomir. Moi qui vomis rien qu'en buvant un verre d'eau ou un café après avoir trop mangé. Certes, il y a des aliments très durs à éjecter. Les yaourts, le chocolats, et ceux qui forment
une boule (genre les petits pains) mais une fois qu'il part, tout part en même temps.
Tout ça, j'ai besoin d'en parler. Je m'étouffe à tout garder pour moi. Vomir n'est pas un sujet tabou avec ma meilleure amie, mais je n'ose lui raconter les proportions que ça prend des fois. J'ai
peur de grossir, mais en même temps peur de me faire du mal, conscience du danger que ça représente. Partagée en deux, entre l'interdit que je me pose, le vouloir guérir et le besoin incroyable que
j'éprouve une fois avoir trop mangé de vomir. Il en va de ma survie. Je commence à avoir chaud, je regarde partout, ile me faut vomir, n'importe où mais il le faut.
Les périodes "avec Ana" sont beaucoup plus agréables. Quoique, je souffre aussi beaucoup, mais c'est plus pratique. *Elle* me dégoutte de tout, m'éloigne de chaque aliment. Je ne m'imagine même
plus manger le moindre gâteau sec. Quand je craque dans ces périodes, j'ai un besoin fou de sucre, et c'est sur une pomme que je me jette. Parce que la pomme me paraît très sucrée, énorme,
lourde... comme la honte que j'éprouve.
Peur de grossir, peur de ne pouvoir décoller du sol, peur de ne plus voir la silhouette de mes côtes, peur d'être lourde, peur d'être découverte, peur d'en parler, peur qu'on me juge, peur
de ne jamais m'en sortir...
Par Louby
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Publié dans : sentiments
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