Le 6 Octobre. Non ! Impossible.
Je n'ai pas écrit depuis mi-août.
C'est le cosmos, le néant. Tout va trop vite.
Des nouvelles donc. Impossible de rattraper le temps passé. Perdu. Il me faudrait des mois d'écriture. Or si je n'écris pas, il y a une raison. Disons plutôt une raison principale : je suis en
hypokhâgne.
Oui, moi qui marquais "hypokhâgne's dream" partout, qui me faisais critiquer parce que je n'ai vécu que pour ce passage durant quelques semaines, j'y suis enfin.
Et je savoure. Oh
que oui, je savoure.
Mais je n'ai pas le temps de raconter la prépa. Pas aujourd'hui. J'écoute le nouvau Muse en boucle depuis deux semaines, je suis ravie, aux anges. Mon troisième concert de ce groupe de génies est
prévu le 17 novembre... *étoiles dans les yeux*
Mais Louby, c'est principalement un blog pour me libérer de mes TCA, de ce que je porte, que personne ne dois savoir, qui me fait honte... si honte...
Alors, où en suis-je? Me suis-je libérée de cette terrible période de boulimie qui m'a assaillit cet été? Arrive-je à gérer prépa et TCA? Et la relation avec ma mère, qui m'a découvert l'autre jour
en train de vomir... comment réagit-elle maintenant?
Tant de questions... je n'aurais jamais la force d'y répondre ce soir, et je ne sais quand sera mon prochain passage. Je vais essayer d'en écrire un maximum, mais demain j'ai une khôlle de philo,
et le travail m'appelle.
Alors voilà. La boulimie s'est calmée. Et l'anorexie me frôle, mais seulement 2-3 jours, pour laisser place à une crise. Ainsi, j'ai lâché prise. Je ne lutte plus. Plus la force, la fatigue me
saisit et me tient les bras, m'empêche de réagir.
Alors quand je n'ai pas faim, ma bouche est close, je ne pense pas à ma santé et blabla, je regarde les autres manger et je ris dans ma barbe. Comme avant. Le dégoût de la nourriture est très
puissant, les voir manger, ne serait-ce du pain, me dégoûte...
Mon ventre est plat, mon poids descend (ou pas), mon humeur est au sommum, mon énergie déborde même si je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit.
Et puis il y a la boulimie. Mia comme on l'appelle communement, et bizarrement j'aime garder cette appellation. Alors là, j'ai faim, et même si je mange, rien ne change. Comme si je tentais de
remplir un puits sans fond. Aucune sensation de satiété, et des envies si sucrées... La nourriture me donne envie de vomir tellement elle me repousse, et voilà pourquoi là non plus je ne lutte pas.
ça remonte. Soit. Tant mieux.
Je me sens sale, horrible, grasse, et si mal... j'ai envie de purger mon estomac, de tout nettoyer avec un tuyau d'arrosage, pour qu'il ne reste plus la moindre miette dedans. Il faut que ça soit
nickel, même si ça ne le sera jamais. Impossible.
Et puis comme à mes habitudes, besoin de rien. Je suis trop dégoûtée pour qu'elle reste en moi, ma gorge agit seule, elle fait remonter le gars, le sucre, le lait, les yaourt, les céréales, le
pain... POUAH rien que de voir ces mots... elle se serre, elle me fait mal... et pourtant je les mange ces choses, quand j'ai faim...
Je bois un café le matin. Je mange trop le midi à la cantine. Seul moment de détente. Et puis je mange 2 yaourt et un peu de pain le soir. Que je vire.
Résultat, un corps totalement perdu, qui ne maigris pas, ou qui maigris d'un coup, sans trop savoir pourquoi.
Je suis à 52kg. Je me trouve énorme. Je fais 1m65. Je me trouve grasse, grosse, je ne vois que cette chair autour de mes os, cette saleté sur mes cuisses... je n'en peux plus. Mais je n'y peux
rien. Je ne veux pas retourner dans l'anorexie, même si cette pensée m'obsède. J'y pense sans arrêt. Le temps d'avant... celui où je me sentais si bien...
Je suis au bord des plus graves troubles jamais ressentis encore.
Et ces très fines marques blanches, si fines, si discrètes, si belles... sur le haut de mes poignet...
il y a deux jours je me suis coupée avec une tasse que j'ai cassé dans l'évier, en la reposant trop brutalement. J'ai vu ce sang qui coulait... j'ai pris ma plume à callygraphie, je l'ai trempé
dans la blessure, et j'ai écris avec... des mots... le mot sang...
J'ai lutté là, oui ça j'ai lutté. Et j'ai tenu. Ne pas retomber dans les profondeurs de mon passé, dans cette incroyable fascination qui me prenait quand je dessinais de fines lignes au dessus de
mes doigts... J'ai tenu. Je tiens.
Mais mon coeur est sombre... et je ne sais pourquoi.
Et bien pourtant j'ai de quoi être heureuse... j'aime. Et je suis aimée en retour... et je n'ai à me plaindre sur aucun point... alors pourquoi...? je ne le sais...
Derniers Commentaires